Les policiers les ont baptisées rip deal, littéralement "arnaques à la transaction" : ces escroqueries, qui prospèrent depuis une douzaine d'années, consistent à plumer des victimes désireuses de vendre un bien, en faisant miroiter des bénéfices à l'écart du fisc et des notaires. Onze personnes, âgées de 17 à 50 ans ont été interpellées à Lyon, en Seine-Saint-Denis et à Paris, le 25 octobre. Sept ont été mises en examen et écrouées.
Les 27 et 28 juillet, deux hommes étaient délestés de 32 000 et 45 000 euros, à Lyon. L'un voulait vendre sa maison, l'autre une station-service. Ils avaient apporté une mallette de billets, croyant bénéficier d'une opération de change en marge de la vente. Les faux acquéreurs ont raflé la mise, sans laisser d'adresse.
BERLINES
L'enquête, menée par la direction inter-régionale de police judiciaire (DIPJ) de Lyon et l'office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), a identifié des suspects qui roulaient en berline et maniaient avec aisance le langage des affaires, au gré de rendez-vous donnés dans des palaces, un peu partout en Europe. Derrière les pseudonymes de Victor Bali, pseudo-investisseur en Espagne, ou de Delmas, Delmot et Tarian, ses prétendus associés, se dissimulait un clan familial basé en Seine Saint-Denis, originaire d'ex-Yougoslavie. "Des professionnels de l'arnaque avec des agendas surchargés", explique un enquêteur de la PJ lyonnaise.
Une fois la proie repérée par Internet ou sur petites annonces, un investisseur fictif prend contact. Des lieutenants se présentent, de préférence dans des lieux éloignés. Grugées par un échange de valises sur la voie publique, les victimes répugnent à se confier à la police.
En garde à vue, l'un des escrocs a évoqué un "coup" à 3 millions d'euros, qui n'a jamais motivé de plainte. Quatre des escrocs présumés ont été interpellés rue Marbeuf, dans le 8e arrondissement de Paris, au moment où un entrepreneur en pompes funèbres originaire du Portugal leur apportait 300 000 euros en liquide. Il espérait toucher plus d'un million en coupures de 500 euros, avant de poursuivre une vente immobilière portant sur six millions d'euros. Dans la sacoche en cuir des acquéreurs, les policiers ont découvert 2 205 billets estampillés "spécimen".
mercredi 7 novembre 2007
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