lundi 10 décembre 2007

concession à Gonesse

"La montée des revendications religieuses dans les communes embarrasse de plus en plus de maires, soumis sur le terrain à des contraintes contradictoires : comment respecter les principes de laïcité, tout en contentant leurs concitoyens de confessions différentes, sans être soupçonnés de clientélisme communautaire ? En proposant la création d'un comité local d'éthique consacré aux questions religieuses et à la laïcité, le maire (PS) de Gonesse (Val-d'Oise), Jean-Pierre Blazy, tente de répondre à ces préoccupations. Lundi 10 décembre, une charte insistant sur l'importance de la laïcité pour la cohésion sociale devrait être approuvée par les principaux cultes présents sur la commune, et par les représentants d'organisations laïques, des acteurs sociaux ou des parents d'élèves.

"Nous n'avons pas de problèmes interreligieux", insiste-t-on à la mairie, qui reconnaît simplement des conflits de "territoires" entre des jeunes d'origine musulmane et des assyro-chaldéens (chrétiens originaires de Turquie ou d'Irak). "Mais nous devons écouter les demandes religieuses concrètes qui nous sont adressées et y répondre tout en assurant la promotion des valeurs de la laïcité", explique M. Blazy, réputé pour son attachement aux principes de laïcité.
Récemment, face à une demande "assez virulente" de la communauté musulmane pour organiser, dans une salle municipale, la fête de l'Aïd al-Fitr, qui marque la fin du ramadan, la mairie a refusé de satisfaire ses administrés musulmans "au nom de la laïcité". "Avec le comité d'éthique, plutôt que de réagir au coup par coup, nous pourrons répondre dans la transparence, afin d'éviter la carte du communautarisme", dit-on à la mairie. Le maire prévient toutefois : "Le prêt de salle municipale pour des activités cultuelles ne pourra être autorisé qu'une à deux fois par an."
Au-delà de demandes ponctuelles de ce type, la mairie est confrontée à des sollicitations en terme de terrains ou d'aménagements pour l'édification de lieux de culte. Les musulmans de Gonesse réhabilitent un pavillon pour le transformer en mosquée : les abords sur la voie publique devront être aménagés. Les juifs travaillent à l'extension de la synagogue sur un terrain municipal pour lequel a été concédé un bail emphytéotique. Les églises nécessitent des travaux à la charge de la commune...
Depuis peu émergent aussi des demandes concernant la restauration scolaire et l'instauration de repas halal et casher (conformes aux préconisations de l'islam et du judaïsme). La ville pourrait s'inspirer sur ce point de l'exemple de Lyon où, à partir de septembre 2008, les cantines proposeront un choix de menus équilibrés sans viande ; un compromis qui évite les menus confessionnels. A Gonesse, le maire, qui s'était prononcé pour l'interdiction du voile islamique à l'école, ne s'interdit pas d'aborder des questions plus sensibles, telles que la présence "de plus en plus visible" dans l'espace public de tenues vestimentaires ostensiblement confessionnelles.
Les représentants des cultes et les organisations laïques, qui jusque-là ne se connaissaient pas, se félicitent de l'initiative du maire. Pour l'heure, seule la minorité assyro-chaldéenne, qui dispose d'une église dans la commune voisine de Sarcelles, n'a pas répondu à l'invitation. "Le maire nous a dit qu'il souhaitait tenir le même langage à tout le monde ; c'est sain, cela permet de désamorcer des conflits potentiels", constate Albert Ohayon, président de l'association juive de la ville. "Le maire a rappelé que la laïcité, ce n'est pas "rien pour personne" ; c'est positif que ces questions soient discutées dans un climat serein", témoigne aussi Claude Porcheron, curé à Gonesse. "Lors de la première réunion, on a eu l'impression qu'aucun débat n'était bloqué", se réjouit Christian Abdel-Malek Guillaumey, responsable de l'association musulmane. Le comité devrait se réunir tous les six mois.
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On fait semblant de poser le probleme comme etant celui du communautarisme, de la competition entre les religions et de la problematique de la laicité. Pourtant tout dans l'article, en particulier ce que j'ai souligné, sous entend qu'il n'y a qu'un seul probleme : celui de l'islam, revencitatif en tout les domaines (alimentaires, scolaires, vestimentaires, politique) auquel on accorde allégrement des concessions.

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