mardi 13 novembre 2007

Tensions au Front National

A l'approche du Congres des divisions internes apparaissent , des secretaires departementaux ont demissionés , sur fond de contestation de la ligne de Marine Le Pen : refus de s'opposer à l'avortement et à la construction de mosquée, et, strategiquement : son refus de poursuivre l'union patriotique.


A ce propos, l'article de Marianne du 10 novembre :

« Y'en a qui vont, y'en a qui viennent, d'autres qui disent aux journalistes qu'ils partent et puis qui restent », s'amuse-t-on au Paquebot. À une semaine du Congrès de Bordeaux, premier grand rassemblement du parti depuis l'élection présidentielle, le Front national revient sur la scène médiatique par la porte peu enviable des défections, celle de son bureau politique (BP). 10, 15, plus… les chiffres varient d'une personne à l'autre, au sein même du parti. Le seul à tenir les comptes calme l'inflation : selon Louis Alliot, secrétaire général, seul Christian Baeckeroot, membre depuis 1974, a mis un terme a ses fonctions à la direction du parti. « Hormis lui, il ne s'agit que de personnes n'ayant pas affiché leur soutien à la candidature de Jean-Marie Le Pen ou ne s'étant pas présenté au dernier comité central, explique-t-il. Mais dans l'histoire du Front, il est vrai que l'on n'avait pas vu autant de mouvements en interne depuis la scission avec Bruno Mégret, en 1998. » L'illusion des anti-Marine ? La lettre de démission de Christian Baeckeroot a fait sensation : il y oppose « 30 ans globalement positifs » à « 5 ans globalement négatifs », désignant la période qui a couru de 2002 à 2007. « Je déplore l'orientation donnée par le président et sa fille qui n'a fait que brouiller l'image du parti et qui l'a fait se refermer sur lui-même », explique le démissionnaire. Une attaque sur le fond que Louis Alliot juge personnelle : « Le petit groupe de contestataires auquel appartient M. Baeckeroot considère que le temps de Le Pen est passé et voilà plusieurs années qu'ils s'en prennent à la fille pour taper sur le père ! » Une interprétation qu'il partage avec les anciens partenaires. Nicolas Bay, secrétaire général du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret considère que « ces divisions ne sont pas le fait d'une séparation marinistes contre anti-marinistes. » Cible de la plupart des critiques, la vice-présidente du FN fait mine de ne pas comprendre : « Ils contestent des modifications dans le fonctionnement du parti qu'ils ont approuvé à l'unanimité, ironise Marine Le Pen. Ils nous accusent de tiédeur alors qu'ils vont s'allier avec l'UMP, comme M. Baeckeroot qui offre son aide à M. Vanneste à Tourcoing. » Vérifications faites, aucun accord « d'ouverture » à l'extrême droite n'est prévu par l'UMP dans le Nord. Jean-Claude Gaudin, chargé des investitures à l'UMP, ne veut même pas commenter la rumeur qui semble surtout servir à décrédibiliser les démissionnaires. « Si le rassemblement ne se fait pas au FN, il se fera autre part ! » Le parti tremble également sur ses bases : de nombreux secrétaires départementaux (les « préfets » du FN) ont démissionné ces derniers temps. « Trop d'exigences sur la discipline, pas assez de considération pour les militants : à Saint-Cloud, ils ne voient pas ce qu'il se passe sur le terrain », explique un cadre local. « Parmi les problèmes du FN, il y a le manque d'attention pour notre électorat traditionnel qui est de droite : les artisans, les commerçants, les catholiques, etc. C'est sur cet électorat que nous a battus Sarkozy, et c'est celui-là qu'il faut reconquérir », considère Jean-François Touzé, proche de Marine, démissionnaire de ses fonctions de secrétaire départemental. Une idée apparemment contradictoire avec le point de vue de la meilleure « prise » de Marine Le Pen durant la dernière campagne présidentielle, l'intellectuel Alain Soral qui, après les législatives, soulignait que « dans Front national, il n'y a pas le mot droite ! » Malgré les nombreuses divergences, deux thèmes traversent le mouvement de contestation de la direction du FN : « la lutte contre l'islamisation » et celle contre « l'euromondialisme ». Représentatifs de la mouvance « Algérie française » du parti d'extrême droite, attaché aux valeurs catholiques et souverainistes, la plupart des détracteurs des Le Pen n'ont qu'un mot à la bouche : le rassemblement. Malgré des scores peu glorieux aux derniers scrutins, le MNR assure avoir été contacté par de nombreux cadres du FN qui veulent constituer des listes communes : « un quart des secrétaires départementaux sont favorables à de telles synergies », assure Nicolas Bay. Dans le collimateur des « unitaires », la véritable échéance est celle des élections européennes de 2009. « Un regroupement est indispensable, juge Christian Baeckeroot. Au côté de Nicolas Dupont-Aignan, Philippe de Villiers et d'autres, comme Alsace d'Abord, le FN pourrait peser de tout son poids. » Chez Bruno Mégret, on rappelle « l'Union patriotique » qui avait précédé le virage de 2003. D'autres proposent des clubs, comme Jean-François Touzé, qui pourraient permettre de réfléchir avec d'autres partis. Porte-drapeau des « historiques », Carl Lang avait déclaré « si le rassemblement ne se fait pas au FN, il se fera ailleurs. » Marine Le Pen, elle, parle « d'humeurs » pour désigner ces critiques. Louis Alliot, son principal soutien, glisse : « tout sera soldé au Congrès. » Le seul rassemblement dont a besoin la vice-présidente en ce moment, c'est de celui de son parti. Sur ce point Marine Le Pen se situe bien dans le prolongement de son père : l'unité, ça ne vaut pas le coup quand on est le plus puissant.

Aucun commentaire: