mardi 23 octobre 2007

la Garde Hongroise (chronique de l'europe)

Dimanche 21 octobre à Budapest, 600 nouvelles jeunes recrues ont juré de défendre la Hongrie dans les rangs du groupe paramilitaire d'extrême droite, la Garde hongroise. En uniforme noir, ils ont défilé place des Héros, avec le soutien de 1 500 sympathisants qui brandissaient le drapeau rouge et blanc. Aux couleurs d'Arpad (IXe siècle), le fondateur de la Hongrie, ce drapeau rappelle surtout le régime nazi des Croix fléchées de 1944, durant lequel 400 000 juifs de Hongrie ont été déportés vers les camps d'extermination.

Créée par le groupuscule d'extrême droite Jobbik, qui n'a aucune représentation parlementaire, la Garde hongroise ne comptait jusqu'à présent que 56 membres. Ces derniers avaient prêté serment, fin août, en présence du premier ministre de la défense de la Hongrie post-communiste Lajos Für et de trois hiérarques religieux, venus bénir le drapeau. "Nous espérons réunir 1 000 gardes d'ici à fin 2007", déclarait, début août, le président de Jobbik et de la Garde hongroise, Gabor Vona.
Après un an de manifestations régulières de la droite et de l'extrême droite contre le premier ministre Ferenc Gyurcsany, critiqué pour avoir menti sur la situation économique du pays, afin de gagner les législatives de 2006, le gouvernement socialiste se dit préoccupé par l'évolution de l'extrême droite en Hongrie. "Les fascistes (...) sont là, parmi nous", affirmait récemment M. Gyurcsany.
Association ayant pour but officiel la défense de la culture et de l'héritage hongrois, la Garde hongroise a une existence légale. La loi de 1989 qui a créé le droit d'association indique seulement qu'il est interdit de créer une association à but militaire ou à des fins anticonstitutionnelles. Ce qui n'est pas le cas des statuts de cette milice. "La police (qui a autorisé la manifestation de dimanche) a rappelé aux organisateurs l'interdiction faite aux participants d'être armés ainsi que l'interdiction d'exhiber des symboles dictatoriaux", a déclaré, vendredi, le bureau du porte-parole du gouvernement.
Mazsihisz (la Fédération des communautés juives de Hongrie), les organisations roms, mais aussi tous les leaders des grands partis ont condamné la création de la Garde hongroise, avec une nuance concernant le parti d'opposition de droite nationaliste Fidesz, dont les responsables se sont régulièrement affichés auprès des leaders d'extrême droite dans les manifestations.
L'extrême droite, que la Hongrie croyait quasiment disparue depuis sa sortie du Parlement en 2002, sort renforcée de la contestation politique qui perdure en Hongrie. "Le danger n'est pas leur nombre, mais l'évolution de leur organisation et de leur équipement", alerte le politologue Viktor Kiss, qui rappelle qu'après les émeutes de 2006 des armes avaient été retrouvées dans les campements de manifestants devant le Parlement.

Aucun commentaire: